Webinaire « Conception de systèmes viticoles agroécologiques » par Elsa Robelot

Présentation des résultats de thèse d’Elsa Robelot encadrée par Marie-Hélène Jeuffroy et Anne Mérot

La viticulture est confrontée à de multiples défis environnementaux, économiques et sociaux, qui nécessitent de repenser en profondeur les modes de production. L’agroécologie constitue une voie prometteuse pour renforcer la durabilité des systèmes viticoles, mais sa mise en œuvre reste complexe. Cette thèse vise à produire des connaissances pour accompagner la transition agroécologique des exploitations viticoles, en combinant l’analyse de systèmes existants et la mise en œuvre d’une démarche de conception. Trois axes structurent ce travail :
– Le premier axe s’intéresse aux changements de pratiques mis en oeuvre dans des exploitations en transition agroécologique. Vingt-quatre viticulteur·ice·s ont été enquêté·e·s. Les exploitations ont été classées selon leur niveau d’agroécologie, à l’aide d’une grille de caractérisation développée spécifiquement pour la viticulture. Les changements de pratiques ont été analysés en mobilisant le concept de logique d’action. Grâce à des indicateurs semi-quantitatifs et qualitatifs, il est possible de montrer comment les viticulteur·ice·s des exploitations les plus agroécologiques raisonnent leurs changements de manière systémique et à l’échelle de l’ensemble de l’exploitation. Ces résultats constituent un appui pour les viticulteur·ice·s et les conseiller·ère·s, en proposant un outil de suivi simple de l’avancée dans la transition agroécologique et en identifiant des caractéristiques des raisonnements des changements de pratiques.
– Le deuxième axe de la thèse porte sur l’intégration du vitipastoralisme dans les exploitations viticoles. Ce travail visait à explorer la diversité des pratiques de pâturage et des logiques sous-jacentes à ces pratiques. Vingt-quatre enquêtes ont été menées en France et aux États-Unis, dans une diversité de contextes de production. Des logiques d’action génériques ont été identifiées, elles combinent pratiques de pâturage, résultats attendus et contexte de production, ainsi qu’une diversité de trajectoires au sein des exploitations enquêtées. Ces résultats fournissent des références mobilisables par d’autres viticulteur·ice·s pour concevoir des systèmes viticoles intégrant le pâturage, adaptés à leur contexte de production.
– Le troisième axe repose sur une démarche de conception participative conduite avec les membres d’un domaine viticole. Inspirée de la méthode KCP, un système agroécologique a été co-construit, intégrant des leviers aux dimensions agronomiques, sociales et économiques, réfléchis en cohérence. Ce travail a permis de tirer des enseignements sur la conception de systèmes viticoles et sur la manière de favoriser les raisonnements systémiques lors des démarches de conception participative.

Article scientifique issus de la thèse Elsa Robelot and al. 2026 « Progressing toward agroecology in vineyards through systemic innovation »

Webinaire « Présentation du projet SHARE » par Anne Mérot et Juliette Vincent

Présentation du projet de recherche européen SHARE : Soutenir l’Agriculture Méditerranéenne en Innovant dans les projets Agroforestiers. Retour d’une enquêtes sur les pratiques de viti-pastoralismes et lancement d’un Living Lab sur le sujet dans le sud de la France

Présentation par Anne Merot agronome chercheuse à l’UMR AbSYS, et Juliette Vincent, chargée d’étude.

Un projet de diagnostic agroenvironnemental lauréat du concours « Vers des agrosystèmes durables » 2026

Pour cette septième édition du concours « Vers des agrosystèmes durables », le jury a choisi de soutenir un projet de diagnostic agroenvironnemental le long de la Loire.

Le bassin versant de la Loire, plus grand de France (117 000 km²), représente un modèle d’étude idéal pour évaluer les interactions entre santé des écosystèmes, pratiques agricoles et changement climatique. Malgré son statut de dernier fleuve sauvage d’Europe, les données disponibles sur ses agro-systèmes restent parcellaires et peu intégrées :

  • Qualité de l’eau : Les suivis existants (ex. : Réseau de Bassins Versants, Agences de l’Eau) se concentrent sur des segments spécifiques, sans vision longitudinale.
  • Sols agricoles : Peu d’études terrain combinent analyse physico-chimique et pratiques culturales sur l’ensemble du bassin.
  • Transitions agroécologiques : Les retours d’expérience des agriculteurs sont rarement systématisés et croisés avec des données environnementales.

Fabio Kouater part plusieurs semaine à vélo avec un véritable laboratoire mobile pour réaliser cette étude.

Pour en savoir plus, découvrez la présentation du projet.

Étude de faisabilité d’un parc à bouture

Quelle est la faisabilité technique, agronomique et économique d’un parc à bouture pour la fourniture de plants de saule ?

Après une analyse du contexte économique et des enjeux juridiques, logistiques et environnementaux, les avantages a priori d’un parc à bouture sont identifiés. A partir d’analyse documentaire, d’entretiens et de visites de terrain, une proposition d’un modèle technique et économique est faite pour une parcelle pilote. Sur cette parcelle pilote les choix techniques permettent d’élaborer des scénarios de calendrier cultural, de buisness plan et une estimation des coûts.

Pour en savoir plus sur la méthodologie de cette étude, consultez la présentation.

Élaboration d’un dispositif de gestion collective de l’eau d’irrigation

Au Domaine de Viviers, agriparc de plus de 200ha de la Métropole de Montpellier, un appel à projet est lancé pour l’installation de nouvelles agriculture sur une parcelle de 11ha. Courant 2026, 6 porteur.se.s de projet vont s’installer avec des productions diversifiées : maraîchage, arboriculture, floriculture, grandes cultures et élevage. Un enjeu de taille les attends : gérer collectivement la ressource en eau, il y a une seule borne d’arrivée d’eau sur la parcelle.

Après une étude benchmark des solutions potentielles et une modélisation des besoins en eau de chaque système, un atelier de concertation a été proposé aux porteur.se.s de projet.

Structure juridique, communication, mode de décision, règles de partage, réponses aux aléas techniques, gestion des conflits, tous ces thèmes ont été abordés pendant la mise en situation proposée lors de l’atelier de concertation. Cette mise en situation, construite comme un jeu sérieux a été suivi d’une discussion avec les parties prenantes et des experts sur le sujet du partage de la ressource en eau. A l’issue de cet atelier, les porteur.se.s de projet avaient une meilleure compréhension des enjeux autour du partage de l’eau, des idées de comment s’organiser et des ressources pour poursuivre leur réflexion.

Pour reproduire ce jeu sérieux, retrouvez la carte mentale du jeu et les cartes.

Pour en savoir plus, consultez le rapport de cette étude.

Études de faisabilités agroécologiques : parcelle vitiforestière, vitipastoralisme et oliveraie en haies fruitière

Pour aider un domaine viticole à prendre des décisions dans leur transition agroécologique, 3 études ont été réalisées prenant en compte autant des facteurs agroclimatiques qu’économiques :

Étude 1 : Mise en place d’une parcelle de démonstration viti-forestière incluant des oliviers et favorisant la biodiversité

Les leviers retenus pour mieux gérer l’eau et favoriser la biodiversité sont :

  • l’introduction d’une ligne d’olivier tous les 10 rangs de vigne
  • la plantation d’une haie bordant la parcelle avec plusieurs strates : arbres, arbustes et aromatiques
  • et l’installation de nichoirs et hôtel à insectes

Pour aller encore plus loin, il est préconisé de fragmenter le milieu et d’implanter des haies de manière perpendiculaire.

>> Note de faisabilité <<

Étude 2 : Intérêt et faisabilité d’introduire du pastoralisme dans des parcelles viticoles

Dans des parcelles présentant un problème d’érosion fort, la mise en place de couvert et de pastoralisme apparait comme une solution. Le vitipastoralisme présente en effet de nombreux avantages réciproques pour les vituculteurs et les éleveurs : techniques, économiques, environnementaux et sociétaux. Il faut néanmoins bien dimensionner les passages de troupeau et être clair sur la demande pour que l’entente fonctionne. L’étude s’intéresse à plusieurs scénarios en fonctions des couverts implantés et de la taille du troupeau. Elle attire l’attention sur les conditions d’accueil d’un troupeau : ressource alimentaire suffisante, présence d’une zone de repos, accès à un point d’eau, et adaptation du palissage.

>> Note de faisabilité <<

Etude 3 : Comparaison de deux systèmes de conduite d’oliveraies : oliveraies traditionnelles extensives et oliveraies intensives en haies fruitières

L’étude compare les deux systèmes de conduite pour des parcelles actuellement en friche sur différents critères : temps de travail, besoin en irrigation, traitements, rendement et marché. Les deux systèmes présentent des avantages et des inconvénients et il s’agira avant tout d’un choix des exploitants.

>> Note de faisabilité <<

Retrouvez l’intégralité de ces résultats dans la présentation des trois études

La Chaire AgroSYS : dix ans d’innovation dans la circulation des savoirs pour la transition agroécologique

En 2024, à l’occasion de ces 10ans, la Chaire AgroSYS a réalisé un travail de bilan pour évaluer l’impact de ses actions sur la transition agroécologique. L’ensemble des résultat de cette étude est disponible sur cette page.

Un article vient d’être publié dans Agronomie, Environnement & Sociétés au sujet de l’impact de la chaire sur l’innovation et la circulation des savoirs pour la transition agroécologique.

Créée en 2014 à l’Institut Agro Montpellier, la Chaire AgroSYS[1] est un dispositif de partenariat public-privé dédié à la production, au partage et à la diffusion de connaissances et de méthodes en soutien à la transition agroécologique. En articulant recherche académique, formation d’ingénieurs agronomes et approche systémique, elle contribue à renouveler les modes de circulation des savoirs et à co-construire des références agronomiques adaptées à des systèmes agricoles en transformation profonde.

L’évaluation des dix années d’activité de la Chaire met en lumière un rôle central dans la structuration, la diffusion et la mise en pratique des savoirs nécessaires à la transition agroécologique. À travers l’organisation de 40 actions de diffusion (conférences, séminaires, ateliers) réunissant acteurs agricoles, étudiants, enseignants-chercheurs, la Chaire a permis aux participants d’accéder à des solutions concrètes tout en créant des communautés d’apprentissage favorisant des échanges horizontaux et verticaux de savoirs. Ces initiatives, intégrant sciences académiques et savoirs pratiques, visent spécifiquement les niveaux supérieurs de la transition agroécologique, tels que définis par l’échelle de Gliessman.

Parmi les actions proposées par la Chaire, les ateliers de terrain étudiants constituent un levier important de formation opérationnelle et ancrée dans un territoire. Les travaux conduits, centrés sur la recherche de solutions applicables aux exploitations et territoires agricoles, ont permis d’accompagner la réduction des intrants, la gestion des bioagresseurs et l’amélioration des performances agroécologiques, tout en soutenant l’adoption de nouvelles pratiques par les agriculteurs. Pour les étudiants, ces expériences renforcent l’apprentissage actif et l’ancrage des connaissances en relation avec des problématiques concrètes d’acteurs professionnels.

L’approche intégrée de la Chaire se reflète également dans l’évolution des thématiques abordées. Initialement centrées sur la performance agronomique à l’échelle de la parcelle, elles incluent désormais des enjeux globaux, tels que la résilience au changement climatique, la gestion durable des sols et la conception de systèmes alimentaires durables. L’analyse rétrospective souligne cependant des défis associés aux formes de partenariat, notamment la nécessité de maintenir un équilibre entre intérêts privés et intérêt général. La gouvernance de la Chaire devra continuer à faciliter les échanges pour amplifier l’implication des diverses parties prenantes et renforcer l’efficience des actions collaboratives.

En conclusion, la Chaire AgroSYS s’affirme comme un acteur central dans la production et la circulation des savoirs nécessaires à la transition agroécologique. En renforçant son approche collaborative et en adaptant ses actions aux besoins évolutifs des acteurs de terrain, elle pourra consolider son rôle stratégique dans l’accompagnement des transformations agricoles à venir.

Agrosys lance la 7éme édition de l’Appel à Projets étudiants

AgroSYS s’engage au prés de nos étudiants les plus innovants et renouvelle son soutien avec la 7éme édition de l’AAP

« Vers des agrosystèmes durables et agroécologiques »

 

Vous êtes des étudiants en césure (ou pas) avec un projet innovant dans le domaine de l’agroécologie?

Vous avez jusqu’au 20 avril 2026 pour participer à la septième édition de l’appel à projets de la Chaire AgroSyS qui vise à valoriser les initiatives étudiantes présentant un réel intérêt pour la progression vers des agrosystèmes durables et agroécologiques.

Jusqu’à 500€ à gagner

Pour consulter le règlement c’est par ici.

Pour candidater ou en savoir plus, n’hésitez pas à joindre Mélisande Noirot : melisande.noirot@institut-agro.fr

Mise en place de couverts végétaux temporaires pour lutter contre les problématiques d’érosion

Pour répondre à une problématique forte d’érosion des sols sur un domaine viticole, une option de mise en place de couverts végétaux temporaires en interrang est préconisé. Deux mélanges de couverts sont proposés en prenant en compte les contraintes techniques, de main d’oeuvre et de calendrier du domaine. Cette solution améliorera le potentiel des sols et augmentera la durabilité du domaine.

Pour en savoir plus, consultez la présentation de cette étude et la note de faisabilité.