Agrivoltaïsme et Gestion de l’Eau : Étude sur la Récupération des Eaux Pluviales en Centrale Photovoltaïque

Dans un contexte de bouleversements climatiques et de défis énergétiques croissants, l’innovation est essentielle pour concilier production d’énergie et gestion durable des ressources. La Chaire AgroSYS et l’entreprise Synerdev s’inscrivent pleinement dans cette démarche, comme en témoigne une étude réalisée par Xavier Brousse dans le cadre d’un stage mené en 2024, qui modélise l’impact de la récupération des eaux pluviales sur le fonctionnement hydrique de la recharge d’un aquifère au sein d’une parcelle photovoltaïque. Ce travail vise à optimiser l’utilisation des ressources en eau tout en répondant aux enjeux climatiques et énergétiques actuels.

L’étude AgroSYS–Synerdev démontre la faisabilité d’un prototype innovant de récupération des eaux pluviales en centrales photovoltaïques.
Testé à Clarensac et Calmont, il a atteint une efficacité de collecte de 86,7 %, permettant d’irriguer cultures et bétail en période de sécheresse.
Les résultats soulignent l’importance d’adapter le système aux conditions pédoclimatiques locales pour maximiser son impact.
Des limites écologiques strictes garantissent le respect du cycle hydrologique naturel et la durabilité de l’approche.
Ainsi, la centrale photovoltaïque devient à la fois source d’énergie et outil de gestion intelligente de l’eau en agrivoltaïsme.

Pour en savoir plus, consultez le mémoire associé à ce stage.


Effets de la viticulture biodynamique sur la qualité des sols viticoles : étude de cas au Domaine Cazes

La viticulture biodynamique suscite un intérêt croissant dans le contexte de la transition agroécologique. Mais quels sont ses effets réels sur la fertilité des sols viticoles ?

C’est la question explorée en 2024 par Deirdre Fahy, étudiante en master Vineyard and Winery Management à Bordeaux Sciences Agro, au cours d’un stage de 6 mois au Domaine Cazes (Rivesaltes, 66), avec le soutien de la Chaire AgroSYS.

L’étude menée en 2024 au Domaine Cazes a évalué les effets de la viticulture biodynamique sur la fertilité des sols.
Les sols anciens en biodynamie présentent +50 % de matière organique et une activité microbienne nettement plus élevée que les sols conventionnels.
L’azote minéralisé y est également supérieur (+50 à 100 %), confirmant un bénéfice pour la nutrition de la vigne.
En revanche, aucune différence significative n’a été observée pour l’infiltration de l’eau ni pour la densité de vers de terre dans les parcelles cultivées.
Ces résultats montrent l’intérêt de la biodynamie pour enrichir les sols, tout en soulignant l’importance des pratiques associées dans la transition agroécologique.

Consulter le résumé du mémoire.

Faire pousser l’agroécologie en Provence : 10 ans d’expériences partagées avec REGAIN

Entre 2014 et 2024, la Chaire AgroSYS a accompagné la dynamique agroécologique engagée sur le plateau de Valensole à travers le programme REGAIN, aux côtés de partenaires locaux majeurs : le Parc naturel régional du Verdon, la Chambre d’Agriculture des Alpes-de-Haute-Provence et la Société du Canal de Provence. Une décennie d’expérimentation, d’analyse et de transmission de connaissances, au service d’un territoire agricole singulier et confronté à de nombreux défis environnementaux.

Un territoire à forts enjeux agro-environnementaux

Le plateau de Valensole, situé dans l’arrière-pays provençal, est une unité paysagère emblématique, couvrant 50 000 hectares sur 16 communes. Dominé par les grandes cultures et les plantes à parfum, notamment le lavandin, ce territoire est confronté à des problématiques majeures : pollution de l’eau par les nitrates et les phytosanitaires, perte de biodiversité, vulnérabilité des systèmes agricoles face au climat et aux aléas économiques.

Une démarche collective, structurée et partenariale

Le programme REGAIN a vu le jour pour répondre à ces enjeux par une approche systémique et concertée, combinant expertise scientifique, accompagnement technique, ancrage territorial et mobilisation des agriculteurs. La Chaire AgroSYS y a joué un rôle clé : lien avec la recherche et l’enseignement supérieur, encadrement de stages étudiants, réalisation d’études, capitalisation des connaissances.

Trois axes d’action structurants

🔬 Sol et fertilité

Dès 2015, un diagnostic initial mené avec des étudiants a permis de poser les bases du « Réseau Sol ». Depuis, trois campagnes d’analyses ont été réalisées (2017, 2019, 2023), impliquant jusqu’à 37 agriculteurs partenaires. En parallèle, des projets de valorisation des pailles de lavandin, de développement de couverts végétaux hivernaux (projet COUVIVER), ou encore un guide sur la fertilité des sols ont été élaborés.

💧 Eau et adaptation au changement climatique

Avec la création du réseau « irrigation de résilience » en 2019, 12 parcelles ont été instrumentées pour mesurer l’effet de l’irrigation sur le lavandin. Stages et études ont permis d’évaluer les impacts agroenvironnementaux et économiques de l’irrigation, ainsi que ses effets potentiels sur les systèmes de culture.

🌾 Diversification des cultures et des filières

Depuis 2015, REGAIN explore la diversification comme levier de résilience : légumineuses dans les rotations, projet Diversycole avec la coopérative DURANSIA, réflexion sur les débouchés face à la crise du lavandin. En lien avec AgroSYS, des étudiants ont travaillé sur ces scénarios d’adaptation.

Un bilan contrasté mais porteur d’avenir

En dix ans, REGAIN a généré une dynamique positive : montée en compétence des agriculteurs engagés, constitution du GIEE Essen’SOL, production de ressources techniques et pédagogiques, mobilisation d’acteurs multiples. Toutefois, la généralisation des pratiques agroécologiques reste difficile, notamment en raison de freins économiques, techniques et sociaux. L’enjeu pour les années à venir : embarquer un plus grand nombre d’agriculteurs et ouvrir la démarche à d’autres thématiques (alimentation, transformation, tourisme…).

Une démarche exemplaire d’ancrage territorial de la transition agroécologique

L’expérience REGAIN illustre parfaitement la vocation de la Chaire AgroSYS : soutenir, par la recherche et la formation, des démarches territoriales ambitieuses, innovantes et collaboratives en faveur de l’agroécologie. Elle témoigne aussi du rôle structurant que peuvent jouer les chaires partenariales pour connecter le monde académique et les réalités du terrain.

Et maintenant ?

Depuis l’ouverture de son cycle 4 (2025 – 2028), la Chaire AgroSYS n’est plus directement associée à la démarche REGAIN, mais continue de développer des projets similaires de transition agroécologique sur d’autres territoires.

Retrouvez le témoignage de Sophie DRAGON-DARMUZEY (Société du Canal de Provence) et de Lucine RUFF (PNR du Verdon) réalisé à l’occasion des 10 ans de la Chaire AgroSYS, et la présentation associée.